Les CMS de l’Ouest lausannois-APREMADOL (Association pour la prévention et le maintien à domicile) regroupent quatre centres médico-sociaux, au service de la population de sept communes de l’Ouest lausannois et comptent 320 collaboratrices et collaborateurs. Ces CMS font partie du dispositif de l’AVASAD, qui fédère ces institutions dans le canton de Vaud. Leur mission : fournir des prestations d’aide et de soins à domicile pour les personnes vivant dans l’Ouest lausannois, lorsque leur état de santé leur fait vivre une situation de dépendance durable ou qu’elles ont besoin d’un appui momentané. Les CMS mettent également en place des mesures en matière de promotion de la santé et de prévention tout au long de la vie.
Santy (ex-CRST) accompagne les CMS de l’Ouest lausannois depuis 2023. Parmi les prestations assurées par nos spécialistes en santé au travail figurent des entretiens par des infirmiers spécialisés en Santé au Travail (à l’embauche de tout nouveau collaborateur-trice de l’APREMADOL puis tous les trois ans), le suivi des absences de longue durée et la Permanence Santé (« Hotline » à disposition des collaborateurs-trices en difficulté, dans un contexte professionnel ou personnel).
Entretien avec Nikki Räber, Responsable Ressources Humaines.
Mme Räber, quels sont les enjeux RH actuels pour les CMS de l’Ouest lausannois ?
Au niveau RH, notre principal défi, c’est le recrutement. La pénurie de personnel que connaît le secteur de la santé depuis plus de 20 ans s’est nettement aggravée ces trois dernières années. Désormais, tous les métiers du soin sont concernés. Or notre Association est soumise à plusieurs facteurs car l’environnement du monde de la santé a changé. Les durées d’hospitalisation sont souvent plus courtes et nécessitent une réactivité plus importante de la part des collaborateurs des CMS. En parallèle, le nombre de clients est en augmentation, compte tenu du vieillissement de la population et d’une entrée plus tardive en EMS. De plus, notre activité croît naturellement avec la densification rapide de l’Ouest lausannois : cette zone géographique comptait 70.000 habitants en 2015, il y en aura 100.000 en 2030…
Avec ces enjeux socio-démographiques, nous recrutons beaucoup et notamment des personnes de plus en plus qualifiées. Les CMS de l’Ouest lausannois ont innové en créant une équipe d’infirmiers spécialistes pouvant effectuer à domicile des soins hautement techniques réalisés auparavant à l'hôpital : transfusions, chimiothérapies, etc… Ces profils sont rares. Il est donc important, dans une optique de rétention du personnel, que nos équipes déjà en place se sentent bien et évoluent dans un environnement de travail respectueux de leur santé. Une politique de santé au travail est de ce fait un outil indispensable pour nous.
La pénibilité du travail est-elle plus marquée dans le secteur des soins à domicile ?
Travailler à domicile implique pour nos équipes une grande capacité d’adaptation : réaliser un soin d’hygiène dans une salle de bains parfois exiguë, mobiliser les patients avec le matériel disponible, passer rapidement d’un soin complexe à un autre, etc. Outre ces aspects techniques, le facteur humain est également très présent. Il peut arriver, même si c’est heureusement assez rare, que nos collaborateurs-trices ressentent de l’insécurité chez certains clients. A contrario, ils tissent des liens avec d’autres, qui sont pris en charge pendant des années : leur éventuel décès ou la péjoration de leur état de santé a ainsi un impact très important sur eux.
Dans un tout autre registre, une enquête récente a mis en lumière des facteurs de stress probablement sous-évalués. Par exemple, le fait pour notre personnel de devoir circuler et se parquer dans l’environnement urbain qu’est l’Ouest lausannois, et arriver à l’heure prévue chez le client.
Mais en termes de pénibilité, le défi le plus aigu dans le secteur des soins à domicile est d'après moi l’accompagnement des collaborateurs-trices seniors. Comment adapter le travail pour des auxiliaires de santé âgé.e.s de 50 ans à peine et souffrant de troubles musculosquelettiques ?
Quels sont les leviers dont vous disposez ?
Nous nous efforçons de limiter la pénibilité en formant au mieux nos équipes. Par exemple, les auxiliaires de santé participent aux ateliers du module PDSB [Principes pour le Déplacement Sécuritaire des Bénéficiaires] pour apprendre à préserver leur dos. Ils sont aussi formés à la pose de bas de contention. Côté management, nos responsables d’équipes sont sensibilisés à la prévention des risques psychosociaux.
La détection des signaux d’alerte est une autre priorité. Nous sommes très vigilants afin de percevoir chez nos collaborateurs-trices des troubles ou un état de fatigue liés au travail. L'absentéisme perlé est pour cela un bon indice. Nous essayons alors, par exemple, d’adapter les tournées durant une période déterminée ou de donner quelques congés. Surtout, nous avons instauré une politique de management bienveillant, basée sur l’écoute active, la culture du feedback et la communication. Nous nous appuyons également sur les retours permanents du personnel.
Enfin, en cas d’arrêt de travail prolongé, nous mettons en place au plus tôt un accompagnement rapproché de notre collègue pour préparer son retour à l'emploi dans les meilleures conditions, avec les aménagements de poste nécessaires. Nous travaillons à l’ensemble de ces solutions avec l’ensemble du dispositif de l’AVASAD et pour certaines avec Santy.
Quelles sont vos attentes envers un service de santé au travail ?
La santé de nos collaborateurs-trices nous tient à cœur et nous avons défini, en tant qu’employeur, une politique de santé au travail. Nous avons donc besoin d’un service de santé au travail efficace et polyvalent pour la mettre en œuvre. Choisir un partenaire externe comme Santy nous a donné accès à un champ de compétences élargi : infirmières spécialisées en santé au travail, ergonome, psychologue du travail, etc. Ceci nous permet de co-construire les solutions les plus adaptées à nos besoins. Pour les managers, la possibilité d’orienter rapidement un collègue en souffrance, via la Permanence Santé, est un réel soutien.
Au niveau RH, nos attentes envers un service de santé au travail sont fortes. L’enjeu est de taille car la bonne santé de nos collaborateurs et collaboratrices est garante du bon fonctionnement de l’APREMADOL. Nous avons des exigences opérationnelles : nous voulons par exemple être accompagnés pour des solutions innovantes au sujet des absences perlées, ou encore disposer d’une analyse fine sur les atteintes à la santé dans chaque CMS. Une telle granularité est indispensable pour mettre en place des mesures de prévention ciblées et pertinentes.
La santé au travail est un sujet sensible. Nous avons donc également besoin de travailler avec notre prestataire dans un climat de totale confiance. Cette confiance mutuelle se crée dans la durée, par le respect des prérogatives et du positionnement de chacun, par une réelle réactivité lorsqu’une problématique l’exige et par des points de situation réguliers. La force de nos interlocuteurs chez Santy, c’est qu’ils connaissent très bien l’activité quotidienne de notre personnel et qu’ils comprennent par ailleurs les impératifs de notre structure.
J’ai évoqué la pénibilité liée aux soins à domicile, mais je voudrais terminer sur une note positive : les CMS de l’Ouest lausannois peuvent se réjouir du niveau de bien-être au travail ressenti par son personnel. Ce niveau, évalué par nos collaborateurs-trices lors des entretiens périodiques que réalise Santy à notre demande, est meilleur pour notre association qu’il y a trois ans, avant la mise en place de nouvelles mesures de santé au travail.